dimanche 27 mai 2007

amo

l'enfant et son père
FÉDÉRATION DES MOUVEMENTS DE LA CONDITION PATERNELLE FÉDÉRATION DES MOUVEMENTS DE LA CONDITION PATERNELLEFÉDÉRATIONDESMOUVEMENTSDELACONDITIONPATERNELLE
pour une responsabilité parentale égale en cas de séparation et de divorce
F.M.C.P. -144 avenue Daumesnil, 75012 Paris tél. 01 43 41 45 18 -fax. 01 40 04 94 95 LA ROCHELLE – 20 mars 2003
A.E.M.O. PAROLE DES USAGERS / ACTIONS DES PROFESSIONNELS / RAPPORT DIALECTIQUE
15 minutes = 7 pages en Geneva 12 = 16 000 cse
Mesdames, Messieurs,
Chaque année nous accueillons et recevons, des milliers de parents un peu partout en France, dans une cinquantaine de nos associations de différentes régions, et c'est en cela que nous pouvons intervenir devant vous et retransmettre ici leur parole. Rappelons que notre réseau d'associations existe depuis 1974, il y a presque 30 ans, et que nous pouvons tirer de cette durée une longue expérience par rapport à des dizaines de milliers de personnes.
La quasi totalité des parents que nous accueillons sont face à un juge civil qui agit en prenant une décision judiciaire touchant à l'autorité parentale ou son exercice. Il est vrai que dans la plupart des cas, les parents se trouvent en procédure devant le juge aux affaires familiales (J.A.F.), car nous traitons surtout des divorces et des séparations difficiles, ainsi que leurs conséquences, principalement sur les enfants. Rares sont les J.A.F. qui ont ordonné une A.E.M.O., bien que nous ayons déjà rencontré de tels cas. Mais nombreux sont les parents confrontés à une A.E.M.O. ordonnée par un juge des enfants (J.E.), et donc qui sont face à une assistance éducative après une décision du J.A.F.
Cependant, notons que notre public est tout de même particulier comparé aux cas généraux de maltraitance et d'enfants en danger. Il s'agit rarement ce qu'on peut appeler des "cas sociaux" où les enfants sont délaissés ou maltraités physiquement, mais plutôt des cas d'enfants qui se trouvent en danger à cause de situations conflictuelles entre les parents. Ce sont, sans doute même, plus des situations de danger entourant l'enfant, d'enfant vivant dans un contexte dangereux, que des enfants
l'enfant et son père -f.m.c.p.
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directement clairement en danger, au sens de danger physique. Ce sont des situations où l'enfant est en souffrance, où l'enfant est psychologiquement maltraité, en étant pris en tenaille dans un fort conflit de loyauté vis-à-vis de chacun de ses parents et entre ses parents, où l'enfant est soumis à des pressions de la part d'un parent en l'incitant à prendre position contre l'autre parent, où il est pris au milieu d'enjeux affectifs, voire d'enjeux financiers. Parfois encore, l'enfant est poussé, encouragé à mentir pour inventer des faits qui seront reprochés à l'autre parent. C'est un enfant écartelé.
Combien de fois avons-nous vu des situations familiales où l'enfant "n'a pas droit" à ses sentiments, n'a pas droit à avoir une libre pensée, n'a pas droit à une éducation sereine et coparentale ! c'est-à-dire une éducation dispensée par ses deux parents. Oui, dans les situations de séparation des parents, l'enfant est souvent contraint par l'un d'eux, est obligé de dire et faire ce qui est demandé parfois au-delà de son intérêt et de son bien-être ; oui, l'enfant est utilisé dans le conflit qui oppose ses parents. D'ailleurs, c'est si facile — même si nous le déplorons — c'est si facile pour un parent, de prendre l'enfant à témoin d'une difficulté vécue, de lui faire part d'un différend parental, de l'impliquer, de lui demander son avis… de lui demander son avis à condition qu'il s'exprime dans le même sens que soi… Vous savez, ces questions directives… ces questions tellement directives que l'enfant ne peut que répondre ce que l'on attend de lui. On lui dit que son père est méchant parce qu'il a fait tellement de mal à maman. On lui dit que sa mère est méchante parce qu'elle a fait tellement de mal à papa. Comment l'enfant s'y retrouve t-il alors ? Comment l'enfant pourrait-il s'y retrouver ?
Nous avons été personnellement en présence de situations terrifiantes ! Nous avons aussi été pris à témoin. Parlant devant nous avec son enfant à côté, tel parent indique que son enfant s'ennuie avec l'autre, ne fait rien d'intéressant… et interpelle son enfant, l'incite à confirmer. Parfois, il dit clairement que son enfant ne veut pas aller chez l'autre. Tel autre valorise sa propre position éducative en disant qu'il/elle apporte tout ce qui est nécessaire, et que l'autre parent ne ferait pas mieux ou ferait moins bien ! Un autre parent nous disait que son enfant, qui était aussi devant nous, ne ressemblait pas du tout à son père, qu'ils n'avaient rien de commun, alors que, de toute évidence, l'autre parent, absent, me semblait bien avoir une origine indienne si je ne trompe pas trop : l'enfant était tellement typé ! son teint, la couleur de ses cheveux, l'expression de son visage en disait long… D'ailleurs, même si son teint démontrait bien l'origine de sa filiation paternelle, il était bien pâlot, en nous regardant… Tel autre parent répond à son petit garçon de 2 / 3 ans qu'il ne fallait pas dire le mot "papa", car c'était un gros mot ! D'autres parents interdisent les gestes d'affection vis-à-vis de l'autre devant eux. Beaucoup de parents disent "c'est moi qui décide de tout… ton père / ta mère n'a rien à dire… cela ne le / la regarde pas…"
Dans un autre registre, ce sont souvent les questionnaires au retour d'un weekend, cherchant ce qui ne va pas : qu'est-ce que tu as fait ? Tu n'es pas allé à la piscine au moins, avec le rhume que tu as ! Tu n'es pas allé tout de même faire du cheval, je t'ai déjà dit que c'était dangereux ! Si tu as fait du vélo, tu as bien mis un casque, n'est

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ce pas ? ou bien encore : chez qui êtes-vous allé ? Ah ! Comment s'appelle t-il ou s'appelle t-elle ?
Parfois encore, au milieu de toutes, il y a ces questions plus graves et plus insidieuses : que t'a-t-il fait ? Comment t'a-t-il touché ? Comment a-t-il lavé ? Prend-il le bain avec toi ? Dors-tu dans son lit ? ou : dors-tu dans leur lit ? Tout ceci afin de préparer une plainte ou un signalement, jusque, dans les cas ultimes, à vouloir éliminer l'autre parent par des fausses accusations d'abus sexuel, ce qui laissera des traces durant toute la vie des parents mais aussi durant toute la vie de l'enfant. Bien évidemment, nous ne parlons là que des cas où les accusations sont fausses et non justifiées, et il y en a beaucoup.
Ne nous étonnons pas si tant d'enfants sont déstabilisés ! Tant d'enfants perdent leurs repères ; leurs repères principaux étant la confiance accordée à leurs deux parents, toute l'affection nécessaire pour eux, mais encore l'image de sérénité qu'ils devraient avoir tant pour leur père que pour leur mère, et le respect de l'un vis-àvis de l'autre. On peut ajouter aussi le respect de la relation avec les grands parents, les oncles, les tantes, les cousins des familles paternelles ou maternelles.
La confusion des places de chaque membre de la famille est une des préoccupations. Combien de fois, la mère fait-elle appeler le beau-père "papa", ou bien le fait dessiner sur le cahier d'écolier dans l'arbre généalogique à la place du père, celui-ci disparaissant simplement. Ceci est d'ailleurs un peu encouragé par certains discours de quelques professionnels écrivant des confusions sur l'identité du père : est-ce celui qui a donné naissance à l'enfant ou celui qui l'élève ? Si cette question est peut-être pertinente dans les cas d'adoption ou d'insémination artificielle avec donneur (I.A.D.), elle pose de graves problèmes lorsqu'il s'agit de remplacer le père par le beau-père…
C'est sûr que c'est l'expression d'un désastre individuel, d'un mal vivre, l'expression de parents "perdus dans leurs sentiments", qui tentent de se raccrocher à quelque chose, qui ont besoin de se justifier, de construire un semblant d'explications qui pourrait donner de bonnes raisons de couper les ponts, de s'éloigner, de rompre la relation de l'enfant avec l'autre… ou simplement de dénaturer la relation de l'enfant avec l'autre parent, de la minimiser, de la rendre secondaire et inhabituelle…
Ou alors, le conflit est l'expression d'un parent qui, consciemment, veut garder l'enfant pour lui tout seul, qui veut éliminer la part de l'autre que l'enfant porte en lui, qui veut éliminer l'autre parent pour l'avenir de l'enfant, qui veut couper l'enfant en deux et rejeter la part qui ne lui convient pas... L'enfant devient alors un objet ou un sujet d'appropriation exclusif monoparental. Nous voyons beaucoup de ces cas qui d'ailleurs ont pris de l'ampleur, se sont développés en parallèle avec l'augmentation des divorces et des séparations. Cela devient un syndrome dans notre société. Souvent, les

procédures n'aident pas car elles ne favorisent pas le dialogue surtout quand le dialogue est déjà rompu. Les procédures obligent à être sur la défensive, à justifier, à argumenter et vouloir convaincre, à vouloir dire qu'on a raison, à rester sur sa position plutôt que la faire évoluer. Là où il faudrait que le droit et les procédures servent à affirmer que l'enfant à droit à ses deux parents, souvent nous voyons que cela sert à mettre en place et à affirmer une situation monoparentaux dommageable à l'enfant.
L'enfant est instrumentalisé au milieu du conflit conjugal, au milieu d'un conflit où "conjugal" et "parental" ne sont pas identifiés comme différents. Alors qu'il faudrait faire la part des choses entre "conjugal" et "parental" ! Mais nous savons que ce n'est pas facile de faire cette distinction. Or nous savons aussi que l'enfant a droit à être un enfant, et ne doit pas être projeté dans les désaccords parentaux et servir d'enjeux, ni de faire-valoir.
Si nous insistons sur le conflit, c'est parce qu'il nous apparaît que cela est de la maltraitance, mais c'est d'ordre psychologique, et cela ressort bien des travaux de certains professionnels de l'A.E.M.O. Une maltraitance qui a du mal à apparaître comme telle. Une maltraitance qui ne se retrouve pas vraiment dans les textes de loi, ni en pénal, ni en civil. Une maltraitance qui souvent ne se voit pas, et qui ne se quantifie pas comme la maltraitance physique. Une maltraitance occulte qui pourtant laisse des traces sans doute plus graves que certaines maltraitances qui se voient objectivement.
Alors, nos réflexions et nos propositions portent sur 5 idées.
1.-Préserver et conserver la responsabilité des parents.
Hormis les cas les plus graves où l'enfant est placé, les parents doivent garder toutes leurs responsabilités. Nous savons que c'est ce qui se passe dans la quasi totalité des cas de l'A.E.M.O.
Cependant, dans les situations de parents séparés, le juge des enfants, bien souvent, ne connaît qu'un seul des deux : celui a qui l'enfant a été confié et chez qui est l'adresse du domicile de l'enfant. Et là nous connaissons le poids des mots "garde" ou "résidence habituelle"… même si la dernière loi du 4 mars 2002 supprime la notion de résidence habituelle. Nous voudrions que, systématiquement, les deux parents soient concernés, interpellés, convoqués, et qu'ils soient bien reconnus comme interlocuteurs, ayant tous deux l'autorité parentale. Nous savons bien que ce ne sont ni

les juges des enfants, ni les professionnels de l'A.E.M.O. qui peuvent rectifier les déséquilibres issus et traités par les J.A.F., même si nous avons vu des cas exceptionnels.
2.-Revaloriser la place des pères
Nous constatons de grandes inégalités de traitement entre père et mère. Le père est trop souvent cantonné à un rôle d'observateur dans les cas d'A.E.M.O., et encore faut-il qu'il soit au courant… Bien sûr, rien n'oblige véritablement une mère à donner les coordonnées du père : elle peut toujours dire qu'elle ne les connaît plus, et qu'elle ne le connaît plus.
Mais, nous sommes persuadés que ceci est capital d'une part pour le père car il a cet attachement très fort à son enfant, et est préoccupé de son bien-être et de son intérêt — ou on va le supposer, comme pour la mère ; d'autre part capital pour la mère, car il est bien utile de dire et d'affirmer que la mère n'est pas la seule responsable d'une situation difficile qui est amenée devant le tribunal, que les deux parents sentent bien qu'ils sont tous deux dans une relation de coresponsabilité parentale, et co-acteurs du présent et de l'avenir de leur enfant commun ; et enfin capital pour l'enfant afin qu'il ressente bien qu'il est sous la responsabilité de sa mère et de son père.
Ceci est d'autant plus important que nombre d'enfants en danger ont une place particulière dans des familles dont les parents sont en conflit. Faut-il aller jusqu'à parler de familles dangereuses ou de familles en situation dangereuse ?
Nous voyons qu'un certain nombre de situations problématiques viennent de l'absence de père. Sans dire que les enfants manquent d'autorité en manquant de père, nous voulons affirmer que les enfants ont besoin de leurs deux parents pour trouver leur équilibre, grandir dans la vie, et préparer l'âge adulte. Mais surtout, ce n'est déjà pas si facile d'élever un enfant à deux ; croire qu'on peut élever un enfant seul/e est une gageure presque impossible. L'enfant ne se construit pas avec une seule personne : il se construit aussi avec d'autres du voisinage, avec l'école, avec plein de gens dans la société, et nous ne voyons pas comment le père en serait justement absent. Il faut qu'il soit présent, et non pas éloigné.
Les deux parents, tous deux, vont apporter à l'enfant exemples, modèles, idées et réflexions. Tout autant, les deux parents, tous deux, vont lui apporter l'affection, la tendresse, l'amour dont il a besoin de se nourrir. Le père et la mère apportent à l'enfant des choses différentes, complémentaires. Et les père et mère apportent à l'enfant différence et complémentarité. Ils apportent altérité et parité.
3.-Droit de consultation du dossier.

Ce qui va de pair avec la responsabilisation des parents, ou reconnaissance de la responsabilité des parents, c'est la prise en charge par eux-mêmes de leur propre affaire. Pour cela, il est nécessaire qu'ils pensent, qu'ils réfléchissent à leur situation, à la situation dans laquelle ils sont les premiers interlocuteurs, avec leur enfant. Ils ont sans doute besoin d'être aidé, il faut peut-être les aider à les remettre "sur les rails", mais il faut qu'ils possèdent leur propre dossier, qu'ils entrent en possession de leur dossier. En conséquence, ils doivent avoir un accès, sans limite, à leur dossier judiciaire et aux investigations de l'A.E.M.O. La jurisprudence et les textes évoluent dans le bon sens, mais encore il faudra les parfaire.
4.-Contradiction entre J.E et J.A.F.
Nous avons déjà soulevé quelques contradictions, voire des oppositions entre des décisions judiciaires J.A.F. et J.E. qui semblent en général nuisibles tant à l'intérêt des enfants qu'à un bon fonctionnement judiciaire. Il y a peu d'articulations. Nous pensons qu'il faudrait peut-être une coopération, et pourquoi pas une collaboration entre les deux juges ! même si nous savons les difficultés structurelles pour une telle proposition. Mais c'est une piste de réflexion. Actuellement, il y a tout de même moyen de favoriser une articulation par la communication des pièces et rapports, peut-être avec la collaboration du parquet.
5.-Les possibilités de résorber le conflit.
Pour nous, les possibilités de résorber le conflit se trouvent moins dans des décisions autoritaires, moins dans un contrôle des comportements parentaux que dans les façons de responsabiliser les parents face à leurs propres conflits. Il faut qu'ils comprennent ce qui a amené l'enfant à une situation difficile. Il faut qu'ils intègrent en quoi ils sont aussi responsables de ces difficultés pour leur enfant. Peut-être, ils ont autant de responsabilité l'un que l'autre ; peut-être l'un est-il plus responsable que l'autre… Mais il faut qu'ils trouvent des solutions tous les deux, ensemble.
Bien évidemment, je pense à la médiation familiale qui permet de créer les conditions de renouer le dialogue, qui permet une approche dialectique, à la fois entre les deux parents, et vis-à-vis des graves questions posées à leur enfant ; et encore, qui leur permet tout en s'impliquant eux-mêmes, de trouver, de construire des accords apaisants, de mettre en oeuvre ce qu'ils auront pu convenir pour leur enfant commun.
La parole, un lieu de parole en commun permet l'élaboration d'une pensée, d'un accord ou l'énoncé d'un désaccord, ce que permet la médiation familiale.
Il faut travailler sur la parole des parents, la parole… instrument de dialectique, par excellence. Et puis, c'est par la parole qu'ils se sont connus et rencontrés, c'est par la parole qu'ils maintiendront le contact quand ils sont séparés.
Ne croyons pas qu'une décision prise en dehors des parents ou un accompagnement du conflit suffirait. Il faut travailler la relation entre les deux parents. S'il y a conflit, il faut traiter le conflit lui-même.
Traiter le conflit est aussi la condition pour que l'enfant puisse garder ses deux parents, et certainement améliorer ses rapports avec eux.
Je vous remercie de votre attention.
Point rencontre enfants-parenDiscours de Pascal Clément, Garde des Sceaux, Ministre de la Justicets Vendredi 7 juillet 2006 J’ai souhaité rencontrer aujourd’hui, à la Cour d’Appel de Paris, les responsables de l’association APCE 75 (Association pour le Couple et l’Enfant) et des juges aux affaires familiales, pour évoquer la situation des points rencontres. Ces points rencontres ont pour finalité, vous le savez, de maintenir ou de restaurer les liens entre un enfant et le parent avec lequel il ne réside pas habituellement, dans le cadre de séparations et/ou de divorces conflictuels. Ces structures interviennent le plus souvent sur décision des juges aux affaires familiales. Ils ne sont pourtant prévus par aucun texte. Les échanges que j’ai pu avoir tant avec les intervenants de l’association APCE 75 qu’avec les juges aux affaires familiales du TGI de Paris, ont été riches et fructueux. Ils m’ont permis de mieux appréhender les pratiques et de présenter les mesures que je souhaite adopter pour répondre aux difficultés qui se posent. D’abord, je souhaite rendre hommage au travail accompli par ces associations en ce domaine. Je suis persuadé que l’intervention d’un professionnel dans les conflits liés à une séparation ou un divorce est essentielle lorsqu’il s’agit de garantir le droit fondamental de chaque enfant à avoir des relations stables avec ses deux parents. La réussite de ces structures montre qu’il s’agit d’un outil particulièrement adapté à ces situations toujours délicates. Il convient dès lors de réfléchir à la manière de pérenniser ces structures, qui je le rappelle, n’ont à ce jour aucune base textuelle.
A la suite d’une circulaire datant de novembre 2005, j’ai demandé à mes services de travailler à l’élaboration de dispositions pour clarifier les conditions dans lesquelles le juge peut recourir à ces structures, et préciser la procédure applicable.
L’adoption d’un amendement dans le cadre du projet de loi « protection de l’enfance », qui prévoit que « le juge a la faculté de recourir à un lieu neutre ou à un espace de rencontre pour organiser le droit de visite entre un enfant et le parent avec lequel il ne réside pas », traduit le même souci.
Je trouve pour ma part très positif que le secteur associatif et les juges aux affaires familiales aient exprimé un souhait identique de voir évoluer ce dispositif.
Je partage cette nécessité.
Cependant, une disposition législative ne peut régler toutes les questions de procédure et d’organisation qui se posent pour envisager le développement de cette activité.
Les travaux de préparation que j’ai initiés sont maintenant finalisés et doivent être soumis à la concertation dans le cadre d’un groupe de travail réunissant des professionnels (magistrats, directeurs d’associations, représentants de la Fédération française des espaces-rencontres).
Je souhaite que ce groupe de travail se réunisse au plus tôt et puisse me présenter ses conclusions, notamment de textes, à l’automne.
Le financement de ces lieux, de leurs frais de fonctionnement et de leur encadrement est actuellement problématique, je le sais. Ce sera également la mission du groupe de travail mis en place que de réfléchir à cette question.
Il devra déterminer le mode de financement par le ministère de la justice le plus approprié, c’est à dire garantissant à la fois l’intervention de professionnels, le bon fonctionnement des structures et l’accessibilité du dispositif aux familles modestes.
Par ailleurs, dès le début de l’année 2006, j’ai demandé à mes services de m’alerter sur les difficultés que rencontreraient les associations. A ce jour, une dizaine d’entre elles ont été identifiées comme étant en grande difficulté.
Conscient de la fragilité de ces associations, j’ai décidé de leur allouer par subventions des crédits complémentaires à hauteur de 250 000 €, qui vont être délégués aux cours d’appel afin la fin de l’été.
Je tiens à rappeler que le soutien financier du ministère de la Justice à la médiation familiale et aux lieux neutres s’est constamment accru de 2002 à 2006 (1 748 ME délégués en 2006, soit plus de 94 % d’augmentation en 4 ans).
La prise en charge des 120 points rencontres existants en France ne concerne cependant pas que le seul ministère de la justice. Les enjeux du maintien de la relation enfant-parent dépassent en effet le traitement judiciaire des séparations et des divorces. C’est pourquoi
l’intervention des partenaires locaux -collectivités territoriales, caisses d’allocations familiales… -est indispensable et doit s’inscrire dans la durée pour pérenniser de telles structures.
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© Ministère de la justice -juillet 2006
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STÉPHANE DITCHEV stephane.ditchev@FMCP.org 18 144 av. Daumesnil, 95 75012 PARIS téléphone : 01 43 41 45 fax : 01 40 04 94 Réunion A.P.M.F.-P.I.F. du 12 mars 2002
LES POINTS-RENCONTRE… & LA MEDIATION FAMILIALE…
Dès le début de la réunion A.P.M.F.-P.I.F. du 12 mars 2002, il a été évoqué les différences entre Pt-R et M.F.
La première idée évoquée en atelier était d'examiner plutôt en premier lieu les points communs.
Nous avons bien eu du mal a lister nombre de points communs. Les points suivants ont été cités, soit dès le début, soit au cours des discussions.
-objectif de maintien du lien -objectif de soutien à la parentalité -public concerné : familles en situation de séparation -la façon dont on aborde la famille (sic…) -accompagnement pour les parents pour communiquer autrement (sic…) -passage, transition -la compétence parentale (utopie ?)
J'ai fait remarquer que tous ces points soulevés correspondaient plus au vaste sujet que représentent les séparations familiales plutôt qu'aux pratiques elles-mêmes. De plus, la quasi totalité des divers professionnels impliqués sur ce sujet pouvait se sentir concernée par tous les aspects cités (ci-dessus) avec des pratiques fondamentalement différentes : aussi bien Pt-R que M.F. ou juges, avocats, enquêtrices sociales, experts, A.E.M.O., thérapeutes, etc.
Par contre, travailler les différences a contribué à mettre en évidence des pratiques différentes, voire opposées (voir ci-après).
Cependant, il faut sans doute reprendre l'histoire de la mise en place des Pt-R et de la M.F. pour comprendre les divergences et les confusions. Les Pt-R et la
M.F. se sont concrètement mis en place, en France, presque simultanément, à

p. 2.la fin des années 80, à un moment où différentes personnes réfléchissaient à de nouvelles pratiques pour faire face aux difficultés observées dans les divorces et les séparations.
Déjà, des associations de parents, essentiellement en France le M.C.P. et Parents Forever International (P.F.I.), ont promu simultanément la déjudiciarisation et la mise en place de lieux de négociation parentale avec l'aide d'un tiers neutre. Il est à noter que dès 1977, le M.C.P. avait énoncé la nécessité d'inventer des lieux de parole et de parentalité avec la création d'un nouveau corps professionnel pour lesquels nous en voyions les objectifs sans en voir tous les contours à cette époque. Nous avions imaginé dès ce moment l'importance et l'utilité de la rencontre des deux parents avec un bref suivi ou accompagnement pour la construction d'accords et les prises de décisions.
L'axe principal de réflexion était la responsabilisation des parents vis-àvis de leurs propres sort et avenir, donc vis-à-vis de la gestion de leurs difficultés de couple parental au moment de la séparation, ceci en se dégageant de l'emprise du monde judiciaire (avocats, juges et tribunaux). De là, nous faisions une double proposition : déjudiciarisation et médiation.
Il nous semblait évident qu'il valait mieux, pour la société, consacrer des efforts à aider les parents, sinon les pousser à prendre les décisions eux-mêmes pour leur avenir et l'avenir de leurs enfants, plutôt que continuer à renforcer l'arsenal judiciaire (civil et pénal) où les décisions sont prises d'une façon arbitraire par un étranger à la famille qui statue au vu d'épais dossiers et à l'ouie de bonnes plaidoiries… Nous avions conscience qu'il fallait trouver une méthode et un cadre pour que les parents puissent positiver leur séparation alors que la quasi totalité des juges et professionnels parlait d'échec des couples et de manque d'intelligence des parents, ou encore d'impossibilité de faire fonctionner une "garde conjointe" à l'époque...
Notons au passage que les mots que nous avions choisis à l'époque, tant parentalité que médiation, tant accueil de l'enfant que coresponsabilité, tant déjudiciarisation que parité étaient soit inventés, soit rénovés ressortant du fond des dictionnaires afin de mettre l'accent sur l'innovation.
De notre part, ce choix d'innover était volontairement issu d'une forte démarche de responsabilisation et de gestion des difficultés par les parents eux-mêmes, et le terme "médiation familiale" fut retenu sur ma proposition le 5 décembre 1983, au sein de Parents Forever International, face à d'autres mots tel celui de "conciliation" qui évoquait trop la confusion avec les audiences de tentative de conciliation du début des procédures de divorce, et ceci malgré que nos correspondants britanniques commençaient déjà à parler de "conciliation services". Le 22 avril 1984 une première grande conférence internationale de P.F.I. tenue à Bruxelles permit d'énoncer clairement notre proposition de médiation familiale, et en 1886, un premier texte d'information succincte posait les fondements de nos propositions afin de préparer un futur colloque mondial que nous tînmes à Genève le 1er octobre 1988.

p. 3.La préparation de ce colloque de Genève fut l'occasion pour différents professionnels de se rencontrer ; maints nous ont dit qu'ils s'interrogeaient alors sur les pratiques sociales (éducateurs, travail social, placements, etc.) et/ou judiciaires (avocats, magistrats) ou parajudiciaires comme celle d'enquête sociale, et la plupart nous montrait leur insatisfaction et leur désir de trouver de nouvelles pistes de travail et de réflexion.
Ce n'est que plus tard, en 1988, que nous rencontrâmes des québécois qui nous indiquèrent qu'au lieu de trop réfléchir, ils avaient commencé à se lancer dans la pratique… La francophonie aidant, les échanges franco-québécois commencèrent fin janvier 1988, où l'A.P.M.E. invitait déjà Lorraine Fillion à Versailles pour un colloque. Puis Annie Babu fit venir régulièrement à l'E.P.E. Aldo Moronne et Justin Lévesque dans le cadre de mini-formations de quatre ou cinq jours outre plusieurs vols organisés au Québec dès cette année 1988. De ces voyages est née l'A.P.M.F. et les premiers médiateurs familiaux apparurent et s'installèrent en quelques années.
Déjà depuis longtemps nous avions déjà perçu plusieurs pistes de travail, en particulier à savoir d'une part l'aide à la négociation, ceci d'autant plus difficile dans le cadre d'un droit inégalitaire entre les parents (surtout avant 1987) et d'autre part le débat à mener pour réduire la force et l'importance de ceux et celles qui veulent s'opposer à la co-parentalité, principalement en soustrayant l'enfant à l'autre parent. Les habitudes judiciaires ne nous ont pas beaucoup aidé, ni dans un sens ni dans l'autre. Néanmoins, le débat fut mené par les parents, directement dans la société, et les pratiques sociales évoluèrent alors. Bien sûr, nous retrouvons toujours aujourd'hui des juges, des avocats ou d'autres professionnels qui s'opposent à la médiation familiale et qui se prononcent contre l'égalité de droit et de fait entre père et mère, mais la société a tout de même progressé.
Répétons encore que la multiplication des divorces et la multiplication des refus par les mères de "présenter" les enfants à leur père posait ouvertement problème, et certains tribunaux commençaient à y être attentif, tout comme à présent encore.
Du côté du M.C.P., nous disions qu'il fallait repenser totalement les divorces et que le fonctionnement judiciaire n'y était pas du tout adapté. Il fallait sortir du cadre "monoparental" des habitudes judiciaires qui d'ailleurs n'était que la persistance du concept de "chef de famille" ayant changé de sexe ! La loi de 1975 sur le divorce était complètement inadaptée, vu qu'elle indiquait confier la "garde" de l'enfant à l'un seul des deux parents, ce qui attribuait ainsi aussi l'exercice de l'autorité parentale, confirmant le vieux principe de confier l'enfant à un seul des deux parents dans la plus pure tradition de l'ancien article 302 du code civil sur le divorce pour faute en vigueur depuis 1884… La loi sur l'autorité parentale du 4 juin 1970 n'était pas plus adaptée puisque, essayant d'éliminer la notion de chef de famille dans le mariage, elle maintenait la mono-responsabilité parentale dans le divorce et les couples de parents non mariés (unis ou séparés) alors que justement on assistait à une augmentation sans précédant du nombre de démariage et de personnes vivant hors mariage.


p. 4.Nos associations de pères revendiquaient l'égalité de droit entre père et mère, et les institutions nous répondaient que ce n'était pas possible, vu que les parents se séparaient et qu'ils étaient en conflit. Sic. Nous répondions médiation familiale, mais peu dans le monde judiciaire y croyait. Là où nous disions co-parentalité, égalité de droit et négociation, on nous répondait échec du couple, conflit des parents et nécessité de désigner un seul parent responsable, mais encore on nous disait que seul les juges pouvaient décider avec pouvoir, savoir et autorité…
Les lois du 22 juillet 1987 et du 8 janvier 1993 sont tout de même venues à notre demande légaliser le principe de l'exercice en commun de l'autorité parentale puis le généraliser, ou presque. La très récente loi du 4 mars 2002 est encore plus claire sur cette question d'égalité de droit avec la suppression de la "résidence habituelle". Cependant même cette dernière loi ne donne pas aux parents des garanties de droit quant à l'égalité de droit, quant à la co-parentalité, ou tout au moins quant à la parité dans les familles.
Nous voyions alors, et nous voyons toujours, des pères durement condamnés pour quelques heures de retard, ou quelques jours de non présentation d'enfant, sans parler des lourdes pénalisations dans les cas de difficultés de paiements, alors que les mères impunément refusent pendant des mois et des années de laisser les enfants à leur père… Nous voyions que les juges n'osent pas condamner les mères alors que les pères sont envoyés très facilement en garde à vue et en prison. Mais en vérité, ce ne sont pas de condamnations dont les parents ont besoin, c'est d'un droit clair et fort exprimant l'égalité de droit, et les limites des dérives, pour que cela devienne la référence dans les relations entre père et mère, mariés ou séparés.
Face aux mères refusant l'enfant au père, certains juges depuis longtemps affirmaient le droit, et imposaient tout de même un droit de visite (terme un peu vieillot et carcéral) d'une fin de semaine sur deux et la moitié des vacances, et cela était plus ou moins respecté.
Mais, ô paradoxe, plus la mère s'y est opposée, plus les juges ont commencé à réduire cette déjà bien minime relation père / enfant. D'un weekend sur deux, ils se sont rabattus à deux ou trois heures… par quinzaine ou par mois ! car commençaient à exister ces lieux de visite cantonnant le père (rarement la mère) à peu d'heures et de moments de relation. Le parent s'opposant à la relation de l'enfant avec l'autre en sortait "gagnant" ayant ainsi diminué un week-end jusqu'à une ou deux heures, parfois trois. L'autre parent, qui n'avait rien à se reprocher, se voyait reclus à une relation tellement minime que la relation même s'en trouvait transformée, encadrée, sous surveillance, dans des lieux artificiels. De plus, plusieurs mois sont nécessaires à mettre en oeuvre cette mesure, pendant lesquels il y a une rupture de relation père / enfant.
Donc, à peu près à la même époque que la création de la médiation familiale, et en parallèle, les points-rencontre se sont mis en place, dont le
p. 5.premier à Bordeaux, mais la démarche, les objectifs et les conditions étaient bien différents de ceux de la médiation familiale.
Les démarches sont radicalement différentes entre Pt-r et M.F., et ce qu'il s'y passe dans ces lieux aussi.
A mon avis, les Pt-R sont nés de plusieurs confusions, et peut-être
d'une usurpation. L'usurpation de vouloir la comparaison avec la médiation
familiale…
… suite en attente…
-éviter les brèves et difficiles rencontres de paillasson
-éviter les conflits de paillasson ou devant l'interphone
-témoigner et garantir la "visite" du "parent visiteur"
-professionnaliser l'accompagnement de la visite
-contenir les pères
-surveiller
-éviter les condamnations des mères
Ainsi, plutôt qu'aller vers l'égalité de droit et la parité, les juges et les
points-rencontre sont allés vers une diminution extrême de la relation entre
enfant et "parent visiteur".
Les soi-disant grandes réformes égalitaires de l'après 68 avaient ratés ;
les vieux principes étaient gardés ; et le passage à la co-parentalité avait
échoué…
Stéphane DITCHEV, secrétaire général de la Fédération Nationale des Mouvements de la Condition Paternelle
F.M.C.P. -144 Avenue Daumesnil, 75012 PARIS -tél. 01 43 41 45 18 -fax 01 40 04 94
décembre 2005
IL FAUT SUPPRIMER LES POINTS-RENCONTRE !
Il y a d'autres solutions…
LES DEMANDES p. 2 LES CAS PARTICULIERS p. 5 LES "LIEUX D'ACCUEIL" ET LE CONFLIT p. 6 LES SOUHAITS DES PARENTS p. 12 LES LIEUX D'ACCUEIL ET LA MÉDIATION FAMILIALE p. 13 LES SOLUTIONS SONT-ELLES DANS LE PROCESSUS JUDICIAIRE p.
OU DANS LE DOMAINE DES RELATIONS PARENTALES ?
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LES DEMANDES
Depuis quelques années, nous constatons la multiplication des lieux d'accueil et de rencontre pour parents et enfants, dénommés diversement, et nous y voyons beaucoup d'aspects difficiles que nous allons aborder…
En quelque sorte, nous allons jouer les "parents du diable..." mais en s'appuyant essentiellement sur les paroles des parents eux-mêmes, et veuillez à l'avance les excuser si leurs paroles que je rapporte ici sont à contre-courant de certaines idées.
A qui s'adressent ces lieux d'accueil ? A quel public, et dans quel buts ?
Est-ce un accueil pour les parents qui n'arrivent pas à se mettre d'accord sur leur projet parental d'organisation de la vie de leur enfant ?
Est-ce un lieu de cadrage de la rencontre parent-enfant ?
Est-ce un lieu pour les parents qui sont à la rue, pour les parents du quart-monde qui ne savent pas où rencontrer leur enfant ?
Est-ce un lieu pour les gens violents, drogués ou abuseurs ?
Est-ce un lieu alibi ? alibi de dysfonctionnements, et lesquels ?
D'emblée, nous dirons que les lieux d'accueil, c'est la "réussite" du conflit puisque l'un des deux parents se trouve donc dans une position de rapport de force telle qu'il contraint l'autre à
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l'absence d'une relation avec leur enfant commun. C'est l'exercice d'un pouvoir alors terrible : l'enfermement et la limitation de droit… de l'autre ! C'est mettre l'autre parent à la merci d'une surveillance de chaque instant... comme s'il fallait être surveillé dans sa parentalité. C'est aussi mettre un doute sur la parentalité, une méfiance.
Est-ce une étape nécessaire ? Encore faut-il approcher ou définir ce qui est nécessaire.
Peut-être cela évite le pire, bien que ce soit déjà le pire, mais cela empêche souvent le mieux.
Ce lieu, pour un parent, n'est pas sa propre maison, où il serait sous son propre toit ; c'est un lieu où l'on ne retrouve pas son intimité, l'intimité de son foyer. C'est un lieu artificiel, un lieu de contrainte, même s'il est question de rencontrer son enfant, car tout dépend des conditions, et les conditions sont là mauvaises.
Mais surtout, c'est la limitation de la durée de la relation entre parent et enfant, et ceci engendre une grande frustration.
Là où chacun des deux parents, en début de séparation, voulait, souhaitait, espérait avoir ses enfants avec lui le plus possible, cette relation devient réduite habituellement à un week-end sur deux, au 1er, 3ème et éventuellement 5ème de chaque mois. Mais, pis encore, tout-à-coup, avec les points-rencontre, cette relation devient réduite à quelques heures, souvent seulement une, deux heures ou trois par quinzaine...
De plus, parfois ou souvent, cette mesure prend plusieurs mois pour débuter, à être mise en oeuvre : entre le délai de la rédaction de la décision judiciaire, les prises de rendez-vous pour examen de la situation avec les parents, les créneaux horaires à trouver pour les rencontres, et parfois la mauvaise volonté de l'un d'eux.
Le temps est un élément très fort et présent pour ces parents qui attendent, qui attendent alors qu'ils pensent normal d'être et de vivre avec leur enfant chaque jour, qui attendent à la petite quinzaine pour voir ou plutôt pour entrevoir leur enfant seulement une heure ou deux seulement.
Et ceci, sans compter les fois où l'enfant ne viendra pas !
Ces lieux d'accueil apparaissent comme des réponses très simplistes à la demande des institutions, face à l'un des parents voulant restreindre ou éliminer la relation de l'autre avec leur
p. 3 enfant commun, plutôt que comme une demande d'un des parents pour améliorer la situation, ainsi qu'on la retrouve formulée en médiation familiale.
Comment respecter les droits de l'enfant, le respect de la vie privée, et même les droits de l'Homme ? Comment respecter ces droits fondamentaux et naturels, en limitant à ce point la relation parent-enfant, dans 9 cas sur 10, la relation père-enfant ? Comment respecter la psychologie parentale, l'affection et l'émotivité à laquelle chacun a droit, mais surtout le sort et l'avenir de l'enfant ?
Sans doute si certains parents sont demandeurs de lieux d'accueil, c'est parce qu'ils sont déjà déresponsabilisés par rapport à leurs enfants ; c'est qu'on leur a déjà enlevé beaucoup de droits ; c'est qu'on leur a enlevé ce qui fait que tout parent se sent parent à part entière. Ceux qui sont et se sentent responsables de leur enfant (par exemple en début de procédure, ou avant) ne sont pas du tout demandeurs de "lieux d'accueil" : voir son enfant dans un cadre étroit et d'une telle façon limitée dans le temps, est forcément une déresponsabilisation et une souffrance qu'aucun ne peut accepter !
Ce lieu d'accueil n'est pas la demande des parents. La demande des parents est de voir leurs enfants dans des conditions normales, de s'en occuper sous leur toit, chez eux, et de vivre avec eux dans le quotidien.
Ce n'est pas plus la demande des enfants qui souhaiteraient bien avoir des relations normales, habituelles, fréquentes, continues et prolongées avec leurs deux parents. Or, ils sont trop souvent pris dans un conflit de loyauté qui les enserre dans des liens "contraints" avec celui des parents qui a autorité sur eux en fonction du rapport de force dans le couple ou en fonction d'une décision judiciaire.
Et, signe insidieux, ceux qui sont demandeurs de ces lieux d'accueil, ou qui ont intérêt à voir un tel manque de relation entre enfant et parent peuvent enfin dire : mais il/elle "voit" son enfant, et même régulièrement... !
Les enfants même risquent de s'y prendre au jeu. Ils risquent de finir par dire que cela est très bien de ne voir un de ses parents que quelques heures, que si peu, et de plus il suffit qu'ils disent "non" pour que leur parole soit entendue et "respecté" ! Or cela n'est pas respecter la parole de l'enfant. C'est seulement respecter son instrumentalisation, et va contre son intérêt.
Le lieu d'accueil n'est pas la bonne réponse pour les parents, ni pour les enfants.
p. 4 Oui, il y a bien une question de langage : rencontre, visite... S'il y a un parent qui "rencontre"
son enfant, c'est qu'il est déjà exclu de sa vie, c'est que l'autre vit chaque jour avec lui...
-le parent "visiteur" est bien souvent un parent dénigré, rendu sans droit, -le parent "habituel" est bien souvent le parent ayant tous les droits dans la réalité, ayant réussi à éliminer l'autre parent, -et, nous éviterons de dire "parent gardien" comme cela arrive souvent.
Nous garderons ici, contre notre volonté, le terme de "droit de visite", mais il apparaît bien que les lieux d'accueil ne nous ouvrent pas d'autres horizons.
LES CAS PARTICULIERS
Avant toute analyse sur la question du conflit, il faut faire une distinction entre ceux qui doivent voir leurs enfants dans ces lieux d'accueil, sous surveillance, parce qu'ils sont dans ces cas particuliers de parents violents, toxicomanes, alcooliques, abuseurs sexuels, ou psychopathes, et ceux qui sont seulement "en conflit" ou même en simple désaccord.
Encore faudrait-il relativiser : quelle violence et quelles causes ? Quel alcoolisme, et pourquoi ? Quels abus sexuels, réalité ou fantasme ? Pathologie ou norme sociale dépassée ? Et il faudrait aussi examiner le bien fondé de ces cas car les fausses accusations sont extrêmement courantes en la matière.
LES "LIEUX D'ACCUEIL" ET LE CONFLIT
Depuis des années, nous avons eu maintes occasions de rencontrer des parents qui étaient empêchés de voir leurs enfants soit par une décision judiciaire, soit par l'autre parent des enfants communs qui faisait obstruction.
Tout en proclamant que ce ne sont pas les recours en matière pénale qui amèneront les bonnes solutions, il nous faut constater une grande mansuétude sinon la bonne compréhension des tribunaux répressifs vis-à-vis de ces questions, dès qu'il est question de la parole de l'enfant… à moins qu'il ne soit question que d'incapacité à trouver des solutions.
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Nos observations nous montrent que les lieux d'accueil deviennent souvent un moyen pour l'un des parents pour limiter le "droit de visite" déjà si minime pour l'autre. Bien des exemples montrent que le point-rencontre est la réponse judiciaire faite à l'un des parents quand l'autre s'oppose réellement à la relation qu'il souhaite avoir avec son enfant. Là où, précédemment, il y a quelques années, les juges incitaient, souvent avec fermeté, à la bonne application de la décision judiciaire pour maintenir la relation parent-enfant avec un "droit" bien précis et défini, ils nous semblent maintenant enclins à un certain laxisme et tentent cet artifice de relation parentale qu'est le lieu d'accueil et de rencontre. Les "droits de visite" seulement "habituellement" du week-end (une fois sur deux) se transforment en quelques heures un samedi de temps en temps : réduction dans le temps, réduction dans la fréquence, réduction dans la relation parentale.
Avant l'époque, ou avant l'invention de ces lieux d'accueil, il y a à peine plus de vingt ans, les juges ordonnaient un "droit de visite classique" (sic) en cas de désaccord : 1er, 3ème, 5ème weekend et la moitié des vacances. Maintenant, devant la difficulté des juges à dire "le droit et le devoir" en matière familiale, la nouvelle règle du désaccord devient "classique" : quelques heures sous surveillance !
Cela constitue un poids judiciaire supplémentaire non dénué de culpabilité, et un allongement de la procédure dans un "provisoire" qui se prolonge. Des mois et des mois de "lieux d'accueil", souvent des années, aboutissent à maintenir moins qu'un minimum de contacts et parfois plus aucun contact, même si de temps en temps seulement un "droit de visite" limité est rétabli, là où l'espérance du parent victime d'accusations non fondées était de vivre avec son enfant d'une façon équilibrée.
1.-Dans les cas de fausses allégations, c'est une fausse réponse aux accusations que les mères font de plus en plus contre les pères en déclarant exagérément incestes et attouchements vis-à-vis de l'enfant, et trop de professionnels s'y engouffrent en utilisant les lieux d'accueil comme une réponse aux hésitations des juges.
2.-Dans les cas de conflit, s'il y a "conflit" c'est principalement parce qu'il y a manque de droit et manque de devoir. Peu acceptent de jouer ce rôle moral d'imposer des droits et des devoirs, surtout en matière familiale. Les juges sont en train d'inverser un processus. Avant, ils disaient la règle : "tel parent verra quand même son enfant, même si l'autre parent n'est pas d'accord", pour en arriver maintenant à en gérer l'opposition : "tel parent ne verra pas son enfant, sauf si l'autre parent est d'accord". C'est le côté insidieux de la fameuse expression "sauf meilleur accord des parties"... sauf meilleur accord, on ne fait rien, et il ne se passe rien !
Actuellement, il nous semble qu'il y a ambiguïté entre ces deux tendances contradictoires : soit les deux parents sont maintenus ou introduits en équilibre des pouvoirs, voire en contre-pouvoir ;
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soit, l'un des parents a tout pouvoir, droits et autorité vis-à-vis des enfants. Dans la première hypothèse, si certains perçoivent sans doute difficilement comment pourrait se gérer cet équilibre des pouvoirs c'est sans doute que peu connaissent vraiment le processus et les avantages de la médiation familiale. Sans doute craignent-ils aussi que la gestion de la décision finale leur échappe puisque ce sont les parents eux-mêmes qui prennent leurs décisions ! Il est vrai que ce n'est pas facile de comprendre, de saisir la "dynamique" vivante et extraordinaire de la médiation familiale par rapport à la "statique" des jugements, arrêts et ordonnances. Il est alors certainement plus facile pour eux de se référer à la seconde hypothèse qui colle parfaitement avec une socio-culture traditionnelle qui correspond mieux à l'institution qui se perpétue jusque maintenant : souvent il est affirmé qu'il est plus simple que ce soit un seul des deux parents qui ait tous pouvoirs et les lieux d'accueil y répondent, alors que la médiation familiale n'y répondrait sans doute pas ; elle exige l'implication des deux parents.
Un lieux d'accueil fermé et gardé prend alors bien des aspects pervers, sous la fausse apparence de faciliter les relations entre pères et enfants.
3.-Dans le cas où c'est l'enfant qui s'oppose à la relation avec l'un de ses parents, il faut avant tout examiner pourquoi, en comprendre le sens, en comprendre le processus, et ce qui s'est passé de l'histoire familiale et autour de la séparation. Et il faudra alors travailler avec l'enfant sur les relations parentales plutôt que s'en tenir à l'opposition de l'enfant. Travailler véritablement avec l'enfant, c'est aussi travailler sur le contexte de sa vie, et sur ce qui s'est passé pour en arriver là. Il n'y a aucune raison qu'un enfant ne veuille pas voir ou rencontrer l'un de ses parents s'il n'y a pas une raison majeure. Soit il a été maltraité par le parent qu'il craint ; soit il a été manipulé et instrumentalisé par le parent qui a pris le pouvoir de le faire. Il y a forcément moyen d'objectiver ce qu'il perçoit et ce qu'il ressent. Et il faudra l'accompagner sur le chemin pour lui permettre d'évoluer, voire qu'il comprenne lui-même comment il peut se défaire de cet enfermement qui l'empêche d'avoir une bonne relation avec le parent éloigné. Plus ce travail sera fait tôt, moins sa situation sera figée et cristallisée, et plus il aura de chance de s'en sortir sur son chemin de l'enfance, de l'adolescence ou d'adulte.
De toutes façons, il devrait y avoir possibilité de trouver un consensus moral : ce n'est pas en contraignant celui à qui le juge donne le moins de droit qu'on peut arriver à une bonne solution car c'est contre toute logique humaine. Il faut au contraire imposer des limites à celui qui prend trop de droit par rapport à l'autre parfois jusqu'à lui supprimer ses droits et sa parentalité.
Sinon, le point-rencontre devient alors le lieu de l'angoisse d'un des parents, mais des enfants. Le lieu d'accueil apparaît comme l'alibi de l'individualisme, d'un combat qui réduit la famille à la liaison duelle mère-enfant, ou plus exceptionnellement père-enfant. Le point de rencontre est le résultat du conflit qui organise le futur.
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Les parents, avec les points-rencontre, sont encore un peu plus enfermés dans les rôles respectifs de "gagnant" et de "perdant", gagnant l'enfant, ou le perdant.
S'il y a conflit, c'est que l'un des parents veut marginaliser, ou éliminer l'autre dans la relation à l'enfant, au moins par rapport à l'égalité de droit nécessaire entre les deux parents. Mais, de plus, s'il y a conflit, c'est parce que les décisions judiciaires entérinent souvent la position conflictuelle du parent qui veut éliminer l'autre de la relation à l'enfant commun, et en l'occurrence, souvent, donne raison un peu aveuglement à l'un des parents, au nom de sa place symbolique à laquelle personne n'ose toucher !
Les points-rencontre deviennent alors les supports concrets et effectifs pour accentuer les conflits et au besoin pour que l'un des parents les créent, avec si nécessaire toutes les fausses accusations que les juges ont l'habitude d'entendre : reproches pathologiques, reproches de violences, attouchements et inceste, etc., dans lesquels l'un des parents est victime de procédure où la règle devient la présomption de culpabilité plutôt que présomption d'innocence. Il faut ainsi alors avoir une force immense et de saines réactions de défense pour supporter toutes ces dévalorisations, et ces fausses accusations, ce qui renforce encore plus le déséquilibre entre les deux parents, donc qui aggrave les conditions du conflit.
Les points-rencontre ne semblent pas vraiment des lieux neutres, car ils agissent avec une interaction très forte dans les procédures en venant figer la situation parentale où l'un des parents a donc tous les droits de vivre pleinement avec son enfant, l'autre seulement bien peu d'instants pour le voir ou l'entrevoir.
Un enfant sur deux en France ne voit plus son père affirme l'INED (Institut National des Études Démographiques). Ce n'est pas en limitant ainsi les relations parentales avec les points-rencontre que les milliers d'enfants qui ne voient plus leur père, ou leur mère, retrouveront un contact durable ! Au contraire, les lieux d'accueil concourent à la distanciation, à l'éloignement. Le point-rencontre, c'est le lieu de découragement des parents, dans un rapport de force extrême.
Les points-rencontre vont de pair avec le maintien des droits de visite malheureusement "habituels" (1er, 3ème, 5ème week end. et la moitié des vacances) qui entraînent éloignement et distanciation, déresponsabilisation et abandon. C'est véritablement l'école de l'oubli où les relations quotidiennes avec l'enfant font partie du passé, sans actualisation. Rien d'efficace ne peut se construire dans la discontinuité de quinzaine en quinzaine, ou encore de mois en mois. C'est le maintien du rapport de force marginalisant l'un des deux parents.
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Nous n'avons pas vu de points-rencontre accueillant les enfants suivant un rythme accru, rapide, compensant le peu d'heures de visite, par exemple plusieurs fois par semaine, mais il y en a peut-être, ce qui serait une nouvelle pratique qui pourrait peut-être faire progresser les situations s'il y a un travail d'accompagnement.
Or, sans travail d'accompagnement, sans travail avec les enfants, il ne peut rien en advenir sinon la distance prise, les rapports de force accentués.
Les points-rencontre, c'est concrètement : -pas d'intimité, -pas de lieu privatif, -pas de sortie, pas de vie sociale, -pas d'activité réelle, -pas de liberté, -pas de durée.
C'est exposer sa parentalité à nu, vide de sens, alors qu'il faudrait de la décence, de la protection et de l'encouragement aussi bien pour le parent en position difficile que pour l'enfant.
Or, tout ceci n'est pas plus l'intérêt de l'enfant qui lui aussi est sous surveillance, et observe, constate que l'un de ses parents est aussi sous surveillance.
Les points-rencontre ne sont pas la réponse au conflit, en aucune manière. Ils sont les réponses du parent qui refusent l'enfant à l'autre.
Les points-rencontre, c'est la faillite du droit, puisque ces décisions viennent lorsque les décisions judiciaires habituelles ne sont pas appliquées parce que le parent "habituel" s'y oppose. La justice ne fonctionne pas : elle sous-traite, en pis aller.
C'est une nouvelle façon de retrouver une extrême limitation des "droits de visite", et c'est contraire à l'évolution sociale (et juridique et législative) des relations entre les parents, des relations entre pères et mères, entre hommes et femmes. Par contre, paradoxalement, c'est le corollaire d'une évolution vers l'égalité entre hommes et femmes, ou/et entre père et mère : plus on va vers l'égalité entre homme et femme, plus il y a des résistances de la part de ceux qui s'y opposent, et plus les
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vieilles idées perdurent pour renforcer les anciennes pratiques. Malheureusement, il est donné primeur à ceux qui freine et s'oppose à ce que l'enfant ait droit à ses deux parents.
Quel est le rapport entre "enfermement" et "situations conflictuelles" ? Quelle logique ?
Il n'y a aucune relation entre les deux. Les points-rencontre contribuent à figer les situations, et les empêcher d'évoluer vers l'égalité nécessaire et le dialogue utile, à moins que par ailleurs le dialogue et la médiation familiale permettent d'en sortir.
Comment expliquer que la plupart des cas, les parents restent enfermés "intra-muros", bien souvent dans des locaux exigus ?
Le satisfecit parfois donné n'est pas justifié. Des travaux de recherche effectués montrent que dans 60 % des cas, on ne sait pas ce que deviennent les relations parents-enfants après leur séjour dans les points de rencontre.
Or, nous, nous savons ce que deviennent ces relations : elles n'existent plus. Les parents abandonnent devant tant de soumission demandée, leurs difficultés financières sont énormes. Ils dépriment de ne plus avoir de famille. Ils perdent leur travail — d'ailleurs pourquoi donc travailler ? Pour une famille qu'ils n'ont plus ? — Ils se retrouvent même parfois à la rue. Ils fuient. Ils disparaissent. Ils n'ont plus confiance en rien, ils ne croient plus en rien. Ils n'osent même pas dire ce qu'ils sont devenus. De toutes façons, ils ne sont rien devenus. Ils sont les "morts civils" de notre siècle, comme cela existait au 19e siècle. Ils sont les exclus des exclus. Observons que 75 % des
S.D.F. sont des pères divorcés. La question de l'accompagnement à la suite d'une rupture de relation avec l'enfant depuis longtemps, répond sans doute aux mêmes réserves que certains spécialistes ont sur les capacités des pères à s'occuper de leurs enfants : ils auraient besoin d'assistance et auraient besoin d'être surveillés. Et quand il est question des mères en difficulté vis-à-vis de leur enfant, on les déconsidère, on les regarde comme celles qui ont perdu le contact, et c'est sans doute de leur faute ; elles sont de mauvaises mères.
Dans ces cas particulièrement difficiles, il suffirait de lieux très ouverts où les parents pourraient trouver réconfort, aides et accompagnements... seulement s'ils le souhaitent. Mais surtout, il faudrait qu'il y ait à travailler les oppositions, les complications.
p. 10 Stéphane DITCHEV, secrétaire général de la Fédération Nationale des Mouvements de la Condition Paternelle
LES SOUHAITS DES PARENTS
Il apparaît très difficile pour des parents "normaux" d'avoir des relations avec leurs enfants dans les conditions des points-rencontre sous surveillance, dans des lieux sans vie, hors leur vie quotidienne. L'expérience de ceux qui l'ont vécue se ressent comme avoir été enfermés sous surveillance, comme dans une cellule, avec un gardien, même lorsque c'est avec la plus grande gentillesse du personnel ; c'est un sentiment de blessures supplémentaires, de difficultés prolongées, de soumissions accrues à l'autre parent, de constat d'échec, d'approfondissement du manque de droit, et surtout un manque de possibilité d'être dans une relation affective normale avec leur enfant.
Ce que parents et enfants souhaitent pour leur relation propre : c'est la liberté, c'est aller et venir, c'est une relation de voisinage, c'est vivre dans leur propre maison, c'est la chaleur de leur maison, c'est l'intimité et la pudeur, c'est leur parentalité dans toute sa conception, c'est aussi le contact avec d'autres membres de la famille, grands-parents ou autres.
Par contre, mais c'est une autre question, il apparaît important de trouver des réponses pour les parents qui viennent voir leurs enfants à des centaines de kilomètres de chez eux afin de les accueillir, et là encore il y a confusion entre lieux ouverts et lieux surveillés. Ceci est d'autant plus vécu durement si le déplacement est dû à un "kidnapping légal" que souvent l'un des parents a fait en enlevant l'enfant, en l'emmenant à des centaines de kilomètres.
Il pourrait y avoir des lieux ouverts : lieu d'accueil et lieu d'activités en toute liberté. Pourquoi même ne pas voir et accepter les propositions de familles d'accueil ou des solutions d'équivalents de gîtes ruraux.
Pour un minimum de cas, ce serait un lieu de "retrouvailles", un lieu ponctuel d'accompagnement dans la relation à l'enfant. Mais ce ne sont pas des lieux adéquats pour ceux qui n'ont pas besoin d'accompagnement.
Il pourrait être aussi un lieu "d'échange" et de transition ponctuelle qui évite que l'enfant n'aille de l'un à l'autre des parents sur la quai d'une gare ou sur le paillasson, ou encore en bas de l'escalier devant l'interphone.
Ces lieux devraient être des lieux ouverts afin de permettre d'améliorer les relations entre pères et enfants, et non pas des lieux fermés.
p. 11 Stéphane DITCHEV, secrétaire général de la Fédération Nationale des Mouvements de la Condition Paternelle LES LIEUX D'ACCUEIL ET LA MÉDIATION FAMILIALE
Il faut donc lever la confusion existante entre "lieu d'accueil" et "médiation familiale".
La médiation familiale se propose d'aider les parents à gérer eux-mêmes leurs désaccords et leurs différends, alors que les "lieux d'accueil" se proposent de gérer eux-mêmes un droit de visite d'une façon cadrée et surveillée dans un lieu limité, pour une durée limitée. Alors que la médiation familiale est fondamentalement un processus permettant une évolution de chacun, nous constatons que les lieux d'accueil tels qu'ils fonctionnent cristallisent et figent les positions du parent "habituel" dans une situation de prépondérance, de primauté et de pouvoir.
Les points-rencontre apparaissent difficilement en complément de la médiation familiale, car les professionnels qui y travaillent sont (tel que nous l'avons observé) souvent dans la confusion des fonctions : or ils sont des intermédiaires et non des médiateurs familiaux, souvent des intermédiaires protégeant la situation de déséquilibre, et considérant le parent "visiteur" comme un sous-parent.
Les lieux d'accueil sont l'image de la déresponsabilisation des parents, alors que la pratique de la médiation familiale est, à l'opposé, responsabilisation.
On pourrait comprendre, de la part de ceux qui veulent suivi et contrôle, que parfois, il soit préféré les lieux d'accueil parce qu'il y a suivi judiciaire et un contrôle, alors que la médiation familiale plaît sans doute moins, parce que la responsabilité est redonnée aux parents, sans contrôle.
Il faut vraiment redonner aux parents la gestion de leurs propres difficultés que, de toutes façons, aucune institution ne suivra pendant des années, et la médiation familiale seule peut les y aider.
LES SOLUTIONS SONT-ELLES DANS LE PROCESSUS JUDICIAIRE OU DANS LE DOMAINE DES RELATIONS PARENTALES ?
Pourquoi chercher des solutions judiciaires et alourdir les procédures, là où les solutions sont d'ordre psychologique, relationnel et liées à la communication entre les deux parents ?
Il est nécessaire de travailler sur le "conflit", plutôt que de le considérer comme acquis, car il conforte la position du parent qui refuse de reconnaître l'autre comme un parent à part entière.
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Mais, il faut donc affirmer avec force et clarté le droit de l'enfant à garder ses père et mère près de lui, tout autant affirmer le devoir de coparentalité. Sans une réelle égalité de droit, il est illusoire de croire que les parents puissent négocier s'ils ne sont pas d'égal à égal. Nous devrions attendre des affirmations fortes des juges et des décisions judiciaires.
La médiation familiale semble plus que nécessaire pour répondre à l'évolution des histoires familiales. La médiation familiale paraît aujourd'hui la solution à généraliser.
Oui, les solutions sont plus d'ordre relationnel que judiciaire.
Cependant, n'allons pas trop loin dans le côté "psy", et apparemment, Oedipe ne retrouverait pas plus son compte aujourd'hui, car avec les pratiques judiciaires valorisant les " points-rencontre ", la marginalisation du père semble presque garantie, ainsi que semble maintenue la fusion de la relation mère-enfants.
Le père est déjà mort au combat (mort civile, j'entends), et Oedipe n'aurait plus besoin de se crever les yeux, car il aurait été rendu aveugle dès sa naissance...
°oOo°
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